Parcours

L’ensemble de mon travail se veut multi-sensorielle au travers d’une approche abstraite.

Plus que l’imaginaire, la démarche s'oriente vers la quête des sens.

1999 est l’année où la culture des arts Aborigène d’Australie m'interpelle.

La technique du point de la communauté de Papunya au Nord de l’Australie, résonne

et influence mon orientation picturale.

Alors tout se déclenche. 

Sans reprendre la technique proprement dite, l’intention est de décliner ce point en le destinant

à la construction d’une réalisation tout en relief .

Les compositions les plus affectionnées sont les cercles concentriques qui ont comme objectif 

de recentrer l’instant présent pour en accentuer les sens.

Le monochrome s’impose et appuie la symbolique du cercle mettant en exergue le relief des points

bosselés.

C’est alors que cette création va déclencher un cheminement sensoriel tactile.

 

 « Toucher du regard » devient en 2006 le concept de ce singulier travail.

Une sollicitation picturale qui invite les voyants et les non-voyants à confronter les sensations

visuelles des uns avec celles tactiles des autres.

L’interdit de toucher est levé. 

Les champs d’interprétation se démultiplient et élargissent l’approche picturale en général.

 

Toujours en quête de sens, le point bosselé va être détourné pour mettre à profit une construction d'effets dont l'idée est de valoriser les reflets de couleur.

Cette nouvelle phase, créée en 2016, s’intitule « La couleur des ombres ».

 

Quittant la texture peinture, les points s’élargissent et se transforment en disques.

La vision générale des œuvres, proche de la sculpture volume, montre une construction de pastilles

aux deux faces colorées qui s’intercalent pour refléter ensemble. 

Sans évoquer ceux de l’eau, du verre ou du miroir, cette poursuite vise à mettre en scène

essentiellement des reflets colorés.

 

Pour cela la lumière va jouer un rôle prépondérant.

Qu’elle soit naturelle ou artificielle, elle va agir sur les couleurs les plus vives et distribuer d’une façon

aléatoire une palette de reflets colorés improbables mais recherchée.

La vision de chaque œuvre se métamorphose sans cesse selon les différentes intensités de la lumière

et selon la place occupée dans l’espace par le visiteur.

Le reflet devient le troisième élément du clair et de l’obscur.

Ce trio va étonnamment s’orchestrer et soumettre une approche cinétique de l’œuvre pourvu que l’observateur se déplace. 

Cette combinaison artistique vise à démultiplier la vision du spectateur afin que celui-ci puisse

découvrir son propre angle de contemplation et s’installer dans l’éphémérité du présent.

Cette représentation concrète au travers d’une démarche abstraite, tend à rendre visible 

ce qui ne l’est pas toujours au premier coup d’œil : emmener le regard dans une brèche 

ou l’invisible peut devenir visible.

Le reflet est pour les couleurs ce que l’écho est pour les sons. (Joseph Joubert 1754)

Patricia Jean Drouart

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